QUAND FAUT-IL FAIRE DU SPORT ?

Faire du sport, c’est mieux le matin ? Et pourquoi pas entre midi et deux ? Le soir, on évite ? Halte aux idées reçues ! Le Docteur François Duforez, fondateur du Centre Européen du Sommeil (European Sleep Center), et qui exerce aussi à l’Hôtel-Dieu, nous aide à y voir plus clair parmi ces diverses croyances populaires.

« Le moment le plus adapté pour faire du sport, c’est celui où l’on éprouve le moins de contraintes » pose-t-il d’emblée. Ce moment est donc personnel. « Certains pratiquants aiment bien faire du sport le matin, tout simplement parce qu’ils sont du matin comme on dit. Leur mode de vie est calé de cette manière. D’autres en font entre midi et deux. Mais ça dépend de l’environnement : y a-t-il un bois à proximité, un groupe avec lequel courir par exemple, une cantine adaptée, une douche sur place ? S’il n’y a pas de facteur limitant, que les conditions sont réunies, ça peut être un gain de temps et permettre une reprise de vigilance pour l’après-midi. Enfin, si vous êtes du soir et que vous avez besoin de dormir davantage le matin, inutile de se forcer, ce n’est pas une bonne mesure. Faites du sport le soir. »

"On entend beaucoup de bétises"


Mais faire du sport le soir, ça empêche de dormir, non ? « On entend beaucoup de bêtises sur ça, sourit-il. Si vous n’avez pas eu le temps dans la journée, mieux vaut faire du sport le soir que ne rien faire du tout. Les influences sur le sommeil ne sont pas si évidentes. Les activités avec un haut niveau de stress et de compétitivité, où le système nerveux et les organes des sens sont particulièrement en éveil, comme le tennis, le squash ou le badminton, peuvent entraîner une certaine latence d’endormissement : on dort moins mais mieux. »

Les fameuses endorphines ? « Les endorphines, qui ont un effet sur le plaisir et du coup sur l’anxiété, on les met à toutes les sauces. C’est vrai mais à un certain niveau de pratique et de performance. Et puis, ça peut aussi rendre dépendant. Mais faire un footing, même à haut niveau énergétique, ça ne perturbe pas le sommeil en termes de quantité : il sera normal si la dépense énergétique est suffisante. Si on a du temps de disponible, autant pratiquer une activité : ça renforce le lien social et ça nous offre une phase de décompression entre la vie professionnelle et la vie personnelle. »

D’où viennent ces croyances ? « Ça vient pas mal des sportifs qui font de la compétition de haut voire de très haut niveau. Et c’est vrai si on a un match de tennis à 21h devant un court rempli de spectateurs, ou dans une rencontre de football ou de rugby. C’est pseudo-physiologique aussi : en faisant du sport, on augmente notre température corporelle. Du coup, il faut qu’elle diminue pour s’endormir. Mais rien n’empêche de se refroidir par la nutrition, les douches, les massages ou des techniques de relaxation. La cryothérapie, que pas mal de sportifs chevronnés utilisent, améliore la qualité du sommeil. Comme la balnéothérapie (pas trop chaude). »

« De manière générale, on s’aperçoit que pratiquer du sport régulièrement renforce les rythmes biologiques et la qualité de vigilance. » Alors… Choisissez votre moment et écoutez-vous.

PAR J.G
Article paru sur le site Ilosport

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